(Remise du manuscrit fin novembre 2006).
Page 110 : « Nous sommes à presque vingt points de plus de participation, au premier tour de cette élection présidentielle, par rapport à celle de 2002, dont le taux dépassait à peine les 70 %. C’est un score incroyable ! Preuve que les Français se sont passionnés pour cette élection. Il s’agit maintenant de savoir à qui profite une aussi forte participation, d’autant que le nombre de candidats reste très élevé…
(Bien sûr, dans la politique fiction, il fallait intégrer la place du candidat "virtuel", Jean-Claude Dumortier, les scores ne peuvent donc pas coller à la réalité, au moins pour celui des deux leaders...)
Page 113 : Et depuis quelques semaines, il pensait(Jean-Claude Dumortier) que s’il n’était pas présent au deuxième tour, Bayrou avait toutes ses chances.
Page 113 : C’est donc vers un duel homme-femme que nous nous dirigeons pour la première fois sous la Cinquième République, mais aussi un traditionnel duel gauche-droite. Quant à Le Pen, avec 13,20 %, il réalise un score inférieur à celui de 2002 et ne sera pas présent au deuxième tour. La deuxième surprise est le très beau score réalisé par François Bayrou qui, avec 17,75 % des voix, a raté de peu la voie du “troisième homme” qu’il cherchait à ouvrir dans toute la campagne. Il fait quand même une très bonne opération et il va être incontournable pour le vainqueur du deuxième tour… »
Jean-Baptiste DUMORTIER rédige la « une » de « Nord-Mag » l’hebdo confié par son frère.
« Jean-Claude Dumortier : suicide ou suicidé ? »
Un simple accent aigu changeait complètement le sens du mot mais aussi celui de l’histoire de son frère et probablement celle de sa famille, abasourdie par cette disparition incomprise à laquelle personne n’arrivait à se faire.
- J’ai trop envie d’être tranquille dans mes platebandes pour ne pas marcher dans celle des autres, mais si la gauche passe, je crains la paupérisation de mon pré carré, mais je ne me laisserai pas faire ! D’abord je vote Bayrou, maintenant que je ne peux plus le faire pour mon neveu ! Déclamait-elle, ravie de son effet et de l’intérêt que semblait produire ses idées auprès de la petite cour composée de quelques neveux et nièces. Jean-Baptiste s’éloigna sur la pointe des pieds en pensant que s’il avait raté quelque chose, il n’avait quand même rien perdu.
Il s’attarda sur une bouteille contenant une poire William, dont le niveau de liquide permettait encore quelques verres à alcool avant de découvrir le fruit. Il coucha le grand verre ballon pour ajuster le niveau de liquide, le redressa et trinqua en claquant le verre sur la bouteille.
Jean-Baptiste se souvient d’une discussion avec son frère.
« Tu sais Jean-Ba, au départ avec le pendule j’utilisais un rapporteur, une grille, des supports, aujourd’hui, je peux juste imaginer mentalement le rapporteur et je vais demander le pourcentage d’affinités entre deux personnes, soit parce qu’elles doivent travailler ensemble, soit parce qu’elles sont attirées l’une par l’autre. Ce sont des conventions avec le pendule.
A cette vitesse là, l’accident avait duré 2 ou 3 secondes, mais il avait eu l’impression d’une chute interminable, au ralenti, un peu comme l’accident du film « Les choses de la vie ».
Jean-Baptiste retrouve quelques notes de son frère Jean-Claude :
« Les espoirs des français sont restés des espoirs !!! »,
« J’ai le mal des mots, mais c’est au pied de la lettre que l’on voit l’écrivain »
…et le brouillon de son discours du meeting de Paris entre les deux tours :
Je n’engagerai pas de polémique avec celui que je retrouve dans la réalité d’un second tour et en tête du premier, monsieur Nicolas Sarkozy, (à cet endroit, Jean-Claude avait écrit entre parenthèses, en majuscules et en rouge : « hélas et probablement », suivi d’un grand point d’exclamation) bien que ses attaques, de toutes sortes, pourraient m’y conduire.
Je dirai simplement, puisque nous sommes entre nous, qu’un homme politique qui ne songe qu’à augmenter un pouvoir déjà immense, sûrement trop important et qu’il n’a pas encore, ce passage était souligné de deux traits rouges, est certainement un homme dangereux pour les valeurs démocratiques de notre pays.
NON, vous ne craignez pas les réformes si elles sont justes et de bon sens et faites par un gouvernement qui a le souci de ne pas gaspiller votre argent et ne plus vivre au dessus de vos moyens !
Jean-Baptiste s’insurge contre le « tout répressif » des routes Françaises…
Comme son frère, il n’avait jamais eu une grande sympathie pour les membres de la force publique chargés des contrôles routiers et dont le seul regard inquisiteur et suspicieux aurait donné une âme de coupable au plus innocent des automobilistes.
À l’instar de Kersauzon qui a acquis au fil des années « la lecture de la mer », nous avons acquis celle du bitume !
Dialogue entre Jean-Baptiste et Gabriel GERFEAU
- Mon frère a préparé son discours de l’entre deux tours et il envisageait de présenter le Premier ministre qu’il avait choisi, sur un écran géant lors de son meeting parisien, tu sais sur qui il avait arrêté son choix ?
- Je pense qu’il a hésité un moment entre trois personnalités Jean-Louis Borloo, François Bayrou et Jean Glavany.
Jean-Baptiste ne pouvait s’empêcher un instant de regarder Géraldine ailleurs que dans les yeux, qu’elle avait fort jolis, pourtant. Elle avait dû quitter son appartement dans la précipitation, enfiler le premier jean tombant sous la main et un petit haut joliment échancré attestant qu’il aurait été trop long d’ajouter un soutien gorge, dont elle n’avait absolument pas besoin sauf, peut-être, pour protéger ce généreux capital de la nature des affres de la force de gravité et aussi des regards, presque nécessairement concupiscents, des hommes pouvant la croiser dans cette tenue. Rares peut-être à cette heure.
- Et si nous trinquions Jean-Baptiste ?
- Oups ! Oui, bien sûr, pardon, j’étais dans mes pensées !
- C’est un 95 C…Répondit Géraldine avec un flegme, un aplomb et une intonation si sérieuse que Jean-Baptiste imagina et redouta un instant ce rose qui allait lui monter aux joues. C’est le moment que choisit Géraldine pour éclater d’un rire si clair et communicatif que le rose fut rouge et que le léger froid, qu’aurait pu provoquer cette phrase, se transforma en fou rire.
« La classe politique en manque de plus en plus », lui avait dit Jean-Claude
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